Histoire du Somaliland

Le combat du SNM et la reprise de souveraineté du 18 mai 1991

Dans un bâtiment sans électricité ni eau courante, aux murs marqués par les balles, dix-sept sultans somalis signent, le 18 mai 1991, la déclaration qui marque la reprise de souveraineté du Somaliland.

Trois ans après la destruction de Hargeisa, un régime à bout de souffle s'effondre à Mogadiscio. Dans le nord, les sultans et les anciens du peuple somalilandais saisissent l'instant pour reprendre en main le destin d'un État qu'ils n'ont jamais vraiment cessé de considérer comme le leur.

La chute de Siad Barre

En janvier 1991, le régime central de Mohamed Siad Barre s'effondre sous la pression de plusieurs mouvements armés, plongeant l'ensemble de la Somalie dans le chaos. Dans le nord, le SNM profite de cet effondrement pour achever la prise de contrôle des principales villes, au terme d'une insurrection commencée dix ans plus tôt.

La Conférence des peuples du Nord, à Burao

Du 27 avril au 18 mai 1991, une grande conférence réunit à Burao, pendant six semaines, les représentants de l'ensemble des communautés du nord. Dix-sept sultans somalis, issus des clans Isaaq, Dhulbahante, Issa, Gadabursi et Warsangali, y siègent aux côtés des dirigeants du SNM.

18 mai 1991 : la reprise de souveraineté

Le 18 mai 1991, dans un bâtiment octogonal au toit de tôle, situé près de l'ancienne résidence du gouverneur colonial — un lieu sans électricité ni eau courante, dont les murs blancs portent encore les impacts de balles — les dix-sept sultans signent la déclaration qui marque la reprise de souveraineté du Somaliland. Le choix des mots n'est pas anodin : il ne s'agit pas de la naissance d'un nouvel État, mais de la restauration de la souveraineté de l'État du Somaliland tel qu'il existait, brièvement mais réellement, entre le 26 juin et le 1er juillet 1960, avant l'union avec l'ancienne Somalie italienne.

Ce jour-là, ce n'est pas une indépendance qui naît, mais une souveraineté qui reprend son cours, interrompue trente et un ans plus tôt.

Un territoire libéré, un pays à reconstruire

La déclaration du 18 mai met fin à la guerre, mais pas aux épreuves. Le pays hérite d'une capitale en ruines, de milices en armes et d'une économie exsangue. La reprise de souveraineté n'est que le premier acte d'un travail de reconstruction bien plus long — celui que raconte le chapitre suivant.

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