Histoire du Somaliland

Le Somaliland aujourd’hui et demain

Un port en pleine expansion, une diaspora mondiale, des défis persistants : un million d'années après les premiers outils de pierre du Tug Issutugan, le Somaliland écrit encore, chaque jour, le prochain chapitre de son histoire.

Le port de Berbera de nuit — au cœur du corridor commercial qui relie aujourd'hui le Somaliland à l'Éthiopie.
Le port de Berbera de nuit — au cœur du corridor commercial qui relie aujourd'hui le Somaliland à l'Éthiopie. — Photo via Wikimedia Commons

Un million d'années de présence humaine, une terre qui a vu passer les caravanes de Pount, les sultanats marchands, les Derviches et les empires coloniaux. Aujourd'hui, le Somaliland écrit un nouveau chapitre de ce long récit — celui d'un petit État qui mise sur son port, sa diaspora et sa stabilité pour construire son avenir.

Berbera, le port qui change la donne

En mai 2016, le groupe DP World signe avec le gouvernement du Somaliland une concession de trente ans pour la gestion et le développement du port de Berbera, avec un engagement d'investissement pouvant atteindre 442 millions de dollars. L'Éthiopie, dépourvue d'accès direct à la mer depuis son indépendance de l'Érythrée, rejoint l'accord et détient aujourd'hui 19 % du capital du port, aux côtés de DP World (51 %) et du gouvernement somalilandais (30 %). Le corridor routier reliant Berbera à l'Éthiopie doit, à terme, accueillir ports secs, entrepôts et zones logistiques sur plusieurs centaines de kilomètres.

Les effets se mesurent déjà : la part du commerce régional transitant par Berbera est passée de 9 % en 2017 à 14 % en 2024, avec des économies de coûts de transport estimées à 8,4 millions de dollars sur la seule année 2024 pour les importateurs et exportateurs de la région.

Une diaspora mondiale, un moteur économique

Des centaines de milliers de Somalilandais vivent aujourd'hui à l'étranger — au Royaume-Uni, dans les pays du Golfe, en Amérique du Nord et ailleurs en Europe. Cette diaspora, née des vagues de départs de la guerre civile puis de la reconstruction, reste un pilier essentiel de l'économie du pays, par les transferts de fonds vers les familles restées au pays mais aussi par l'investissement direct et le poids politique qu'elle exerce dans les débats sur la reconnaissance internationale.

L'aéroport international Egal, à Hargeisa, porte de l'aérien pour la capitale du Somaliland.
L'aéroport international Egal, à Hargeisa, porte de l'aérien pour la capitale du Somaliland. — Photo via Wikimedia Commons

Les défis qui restent

Le tableau n'est pas sans ombres. La pauvreté et le chômage des jeunes restent élevés, les sécheresses récurrentes fragilisent l'élevage dont dépend une grande partie de la population, et les régions orientales de Sool et Sanaag demeurent l'objet de tensions territoriales non résolues avec le Puntland voisin. La quête de reconnaissance internationale, elle, reste un combat de longue haleine, chapitre après chapitre de ce récit.

Demain

De la pierre taillée de Seton-Karr aux grues du port de Berbera, de la déclaration de 1991 à la reconnaissance d'Israël en 2025, l'histoire du Somaliland n'a jamais été celle d'un pays sans passé. C'est celle d'une terre qui, un million d'années durant, n'a cessé de porter des femmes et des hommes debout — et qui, aujourd'hui encore, continue d'écrire son chapitre suivant.

Un million d'années de présence humaine, trente ans de souveraineté retrouvée — et un récit qui continue de s'écrire.

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